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Test Kingdom Hearts II – PS2

Après un premier volet très réussi et une excursion sur Nintendo DS, Kingdom Hearts revient sur PS2 avec un second épisode très ambitieux. Réalisé par Square Enix, le titre réussit une fois de plus le mariage auparavant impensable de deux immenses univers : Disney et Final Fantasy.


Ce second Kingdom Hearts est un épisode ambitieux, ne serait-ce que par son concept : lier en un seul et même jeu deux licences très connues, l’une populaire – Disney, et l’autre plus geekFinal Fantasy. Le pari avait été relevé avec brio par le premier opus en 2002, un premier jet tout de même entaché de quelques défauts ergonomique comme le contrôle du personnage et la gestion de la caméra. La magie de cette surprenante union tenait dans une ambiance à la candeur rafraîchissante, un univers à la naïveté bienvenue parmi un océan de jeux trop sérieux.

Une marque de fabrique que l’on retrouve d’emblée dans ce nouveau Kingdom Hearts. Le jeu s’ouvre sur un long prologue à l’ambiance aux accents oniriques, vous mettant dans la peau de Roxas, qui va bien vite s’avérer n’être qu’une enveloppe destinée à accueillir un Sora –le héros du premier volet – aux souvenirs chamboulés. Le scénario se montre vite touffu, voire un peu fouillis, pour qui n’a pas suivi l’épisode sur DS, faisant le pont entre les deux volets PS2 et dans lequel est introduite la fameuse Organisation XIII. Une fois le prologue achevé, ce qui prend déjà bien trois à quatre heures, on reprend le contrôle de Sora accompagné comme toujours de Donald et Dingo, servant de contre-points comiques dans les nombreuses cinématiques qui parsèment le jeu, de vrais bouffons de dessin animé qui participent pour beaucoup à l’aura enfantine qui exalte du jeu. Notre héros suit toujours le même but que dans le premier épisode, à savoir retrouver Rikku et Kairi, ses deux amis d’enfance que le joueur perd au début de Kingdom Hearts premier du nom, lorsque les Sans-Cœur font surface.

Cet épisode se montre ainsi comme un aboutissement de la série, non seulement d’un point de vue scénaristique mais également en termes de gameplay. Les principaux défauts du premier opus se trouvent ainsi grandement corrigés, la gestion de la caméra est beaucoup plus pratique, même si l’orientation de la vue est quelque peu longuette, mais les combats en ressortent beaucoup moins chaotiques. La possibilité de pouvoir verrouiller un ennemi dans la mêlée permet à Sora de se focaliser un seul adversaire et de rendre les combats moins brouillons.

Des combats très présents et qui forment le cœur du jeu, aidé de Donald et de Dingo, le joueur affronte sans cesse des vagues d’ennemis variés, le bestiaire est très vaste et les affrontements ne sombrent ainsi jamais dans la monotonie. Chaque monde parcouru présente de nouveaux adversaires, et bien que les types d’ennemis soient nombreux, le jeu arrive toujours à les différencier. On combattra ainsi des ennemis faibles mais apparaissant souvent en grand nombre, des mages aux maigres points de vie mais capables de faire pleuvoir des pluies d’attaques élémentaires sur le groupe de héros hétéroclites ou encore des adversaires puissants et disposant d’une grande réserve de points de vie, mais le plus souvent lents et n’apparaissant que par groupes de deux ou trois. Cette intelligence dans la formation des groupes d’ennemis se retrouve durant tout le jeu, proposant ainsi des affrontements qui ne tombent que rarement dans la répétition, et que vient de toute manière briser une constante progression du joueur, qui se voit très souvent octroyer de nouvelles capacités de combat.

Car Kingdom Hearts II est un jeu long, comme on n’en trouve presque plus sur consoles next-gen. Il faut compter une trentaine d’heures pour mettre à bas le boss final, et bien plus pour boucler le jeu dans son intégralité, car celui-ci regorge de quêtes annexes, de défis en tout genre et de  boss secrets. Mais cette longueur ne se fait jamais sentir dans le mauvais sens du terme, car Sora progresse sans cesse au fil des niveaux, le jeu adopte une structure de progression typée RPG, avec des caractéristiques évoluant au fil du temps, mais que le joueur ne peut que faiblement influencer. Le côté RPG et la progression du joueur se font également par le biais d’un inventaire qui ne cesse de s’agrandir pour accueillir des armes toujours plus puissantes, des armures aux bonus variés ou encore des items classiques comme potion de vie ou de mana ; et par une gestion des compétences très efficace. Sora et ses acolytes voient leur panoplie de coup et de formules magiques s’étoffer au fil du jeu pour atteindre progressivement une quantité assez conséquente. Des compétences qu’il faudra choisir avec discernement car le choix est limité par le nombre de PC- Points de Compétence – ainsi le joueur façonne son équipe par les choix opérés, rendant le groupe plus ou moins efficace dans telle ou telle situation. De par ses nombreux aspect évolutifs, Kingdom Hearts II sait faire sentir au joueur sa progression et le porter sans ennui jusqu’au bout de l’histoire. Le sentiment de puissance en constante augmentation est assez jouissif et de ce fait les affrontements ne sont jamais vus comme des obstacles mais comme des tremplins vers une progression toujours plus poussée.

Et ces multiples améliorations ne sont pas de trop pour se tirer des affrontements contre les boss. Faisant preuve d’une influence Final Fantasy marquée sur ce point, Kingdom Hearts regorge de combats épiques à même de mettre le joueur à l’épreuve dans ces combats où il se doit d’utiliser l’intégralité de ses possibilités offensives tout en veillant à déceler le point faible de l’adversaire. On trouve un combat de ce type par niveau, en général. Des niveaux qui découpent le jeu en autant de passages dans l’univers Disney. On commence ainsi le premier niveau dans une reconstitution pixellisée de Mulan. Les mondes suivants forment une sorte de panthéon Disney, un hommage à l’héritage immense laissé par les nombreux dessins animés. C’est ainsi qu’on revivra le combat contre la monstrueuse Hydre aux côtés d’Hercule, ou encore qu’on arpentera les Caraïbes aux commandes du Black Pearl du fameux Jack Sparrow. Kingdom Hearts II sait varier les univers et chaque monde est une merveille de travail artistique. Les différentes ambiances propres à chaque dessin animé ou film sont retranscrites avec beaucoup de justesse, Port Royal est sombre et inquiétante tandis que l’Agrabah d’Aladin étouffe sous une chaleur désertique ponctuée des habitations d’un blanc aveuglant. Le jeu se paye même le luxe de proposer des passages osés, comme ce niveau très surprenant en noir et blanc et son mono retraçant le tour premier épisode de Mickey. Cette direction artistique très inspirée se trouve soutenue par un moteur graphique performant, capable d’animer des affrontements avec cinquante adversaires sans broncher et aux effets très convaincants – les effets de ténèbres sont par exemple particulièrement réussis – même pour un joueur désormais habitués aux nouvelles productions next-gen. Un aspect graphique sublimé par les magnifiques thèmes musicaux de Yoko Shinomura, chaque monde acquiert ainsi une signature sonore qui lui est propre, toujours en accord avec l’ambiance graphique.

Cette variété artistique très bienvenue se retrouve de plus dans le gameplay. Non content de proposer une progression très contrôlée pour soutenir la longueur du jeu, Square Enix a ponctué les séquences de jeu de passages à la jouabilité différente afin d’accroître encore la variété tout au long de l’aventure. Ainsi, dès le début du jeu, l’on doit accomplir différents petits boulots pour amasser assez d’argent pour acheter un billet de train, ce qui est en plus l’occasion de se familiariser avec l’ergonomie du jeu, même si le passage s’avère long et rébarbatif au bout de la quinzième livraison de courrier. Le monde d’Aladin accueille un passage de course de tapis volants, tandis que l’on s’échine à emballer des cadeaux de Noël avec Jack Skellington. Et que dire de ces séquences en vaisseau spatial, formant à elle seule un jeu dans le jeu ? Car avant d’atterrir sur un nouveau monde Disney, le joueur doit le plus souvent ouvrir auparavant la route spatiale en exterminant des hordes de vaisseaux, non seulement ces séquences sont très réussies, rappelant immanquablement la série Gradius, mais en plus elles proposent une augmentation conséquente de la durée de vie pour peu que l’on se prenne au jeu. Car une fois la route ouverte, des missions spéciales sont à tenter, et à la clef de nombreuses améliorations du vaisseau sont à gagner. On s’efforce ainsi de créer un vaisseau de plus en plus équilibré au fur et à mesure que l’on acquiert des armes de plus en plus puissantes, des boules néons permettant d’augmenter la puissance de feu, des ailerons augmentant la mobilité du vaisseau, des réacteurs accroissant sa vitesse ou encore des boucliers parant les tirs ennemis. Cette mise en abîme vidéoludique vous accaparera cinq bonnes heures (une campagne solo de Call of Duty…) avant de défaire le boss de fin.

Disposant d’une durée de vie conséquente, d’un univers étoffé et d’une richesse de gameplay exemplaire, ce second Kingdom Hearts II sur PS2 s’est imposé comme une référence du A-RPG. Il n’empêche que le ton enfantin peut ne pas plaire à tout le monde, le jeu est très superficiel, arborant une philosophie simpliste du bien contre le mal, du noir contre le blanc, les ténèbres et la lumière etc. Une soupe qui peut parfois écœurer tellement elle est présente au fil des cinématiques, qu’il m’ait vite venu de sauter assez vouent. Il reste que malgré un scénario aux tons simplistes, ce jeu est un bijou vidéoludique et le voyage se révèle d’une longueur immersive et rafraîchissante. Les thèmes musicaux et les différents niveaux inspirés ne s’oublient pas de sitôt.

Trailer du jeu :

Piste tirée de la bande-son :

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