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Sortilège – Daniel Barnz

Adapté du roman d’Alex Flinn, Sortilège propose une transcription cinématographique et moderne du conte de « La Belle et la Bête ». Simple film d’adolescentes ou injection douce d’optimisme ? 

En affichant Vanessa Hudgens en rôle prépondérant, le long-métrage risque fort d’être catalogué comme un énième teen-movie à la sauce Disney. Pourtant, le thème du film propose une vision novatrice et bienvenue d’un mythe pourtant vu et revu. Mais cette fois, la Bête est aussi bien dépourvue de fourrure hirsute que de crocs baveux. En effet, c’est un lycéen arrogant et populaire, fils d’un journaliste célèbre, qui va subir les affres de sa propre bêtise. Non content d’afficher à tout-va sa prétention, l’adolescent va jusqu’à clamer ouvertement la supériorité naturelle des « beaux » sur les « moches », en en faisant son leitmotiv de campagne il parvient à devenir le président du club des Verts tout en affichant ouvertement son manque total d’intérêt pour l’écologie.

Une prétention et un mépris qui ne tarde pas à agacer la sorcière gothique du lycée, bouhouhou. Mary-Kate Olsen fait ici figure de corbeau du bahut tout en dentelles noirâtres. Le maquillage cadavérique s’avère du plus bel effet pour rehausser l’éclat surnaturel des yeux qui ne tarderont pas à hanter l’arrogant Kyle. Après qu’il l’ait humilié en public, Kendra l’ensorceleuse lui jette un sort. Lui qui était autrefois populaire et attirant se retrouve mué en parodie d’humain au visage affreusement balafré gonflé de pustules. Si le maquillage peut à première vue s’avérer légèrement risible, il parvient néanmoins à éveiller un mélange de pitié et de dégoût. Le film commence donc réellement une fois la malédiction lancée. Kyle a un an pour trouver quelqu’un qui puisse l’aimer, sans quoi il restera ainsi à jamais.

L’introduction de Sortilège paraît quelque peu trop stéréotypée, tous les clichés de la jeunesse dorée new-yorkaise s’y retrouvent. Les situations manquent de profondeur, de crédibilité, et le mélange avec le fantastique se révèle quelque peu maladroit quand on voit les guêtres de la sorcière hanter tous ces temples de l’ultra-richesse. Heureusement, le film parvient à nous emporter dans le fil d’une narration mêlée de fantastique et d’amour. Certains passages ne manquent d’ailleurs pas d’amertume, ce qui donne à la trame une certaine profondeur. Kyle découvre peu à peu l’envers du décor, il découvre la vie en dehors de sa cloche d’enfant unique gâté. Obligé de vivre comme un reclus, caché par son père, il passe ses journées seul, découvrant via les réseaux sociaux à quel point ses relations avec ses précédents amis étaient superflues. Son monde d’illusions s’écroule, et suivre avec le personnage cette sorte de renaissance est assez grisant. Le spectateur est ainsi amené à se remettre lui-même en cause, à réfléchir sur la place absurde et pourtant prépondérante que la beauté a dans le monde moderne. Sous son apparence monstrueuse, Kyle doit apprendre à cultiver sa vie intérieure, une métamorphose assez touchante.

D’autant plus une fois que Kyle tombe amoureux de Lindy, joué par Vanessa Hudgens, une fille discrète à qui il parlait à peine dans sa « vie antérieure ». Il sort de nuit, encapuchonné, pour l’épier par sa fenêtre, obligé de se cacher comme les « moches » qu’il raillait auparavant. Lui qui ne comptait auparavant que sur son physique se retrouve impuissant à approcher cette fille. Un évènement va faire basculer la situation, et Lindy se retrouve obligée de vivre chez lui, pour sa sécurité. Un passage qui prend à contre-courant la vision première du film en montrant d’avantage la misère et la pauvreté qui gangrène une grande ville comme New-York, bien que la parenthèse fasse quelque peu caricaturale sur les bords.

Dès lors, Kyle, continuant à se cacher bien que vivant sous le même toit que l’objet de son désir, va s’ingénier à la séduire. Aidé par son précepteur aveugle et l’aide ménagère, il apparaît comme un amoureux transi incapable de s’exprimer. L’ancien beau gosse fait peine à voir et agit avec une sorte de maladresse attachante, tout en suivant un cheminement qui lui fait perdre petit à petit toutes ses idées antérieures, Kyle est pour la première fois réellement amoureux.

Si Sortilège réussit à convaincre, c’est tout d’abord grâce à ses acteurs. Alex Pettyfer campe un être déchu qui apprend à vivre, Vanessa Hudgens est toute en simplicité, une beauté d’une fraîcheur rare, et sait donner aux scènes sentimentales la crédibilité sans laquelle le long-métrage aurait au mieux été risible. De même, le précepteur aveugle, joué par Neil Patrick Harris, apporte une dose d’humour british et un cynisme qui permettent à la narration de ne pas tourner qu’autour de l’histoire d’amour. Sur le plan technique, Sortilège ne brille pas particulièrement, mais propose tout de même une image propre et, sur certaines scènes, une lumière chaleureuse et enveloppante qui rehausse avec brio la beauté de Vanessa Hudgens. Les cadrages sont convenus mais restent efficaces, le montage aurait peut-être gagné à un peu plus de dynamisme mais le rythme ainsi induit donne au film un certain côté langoureux. Quant à l’aspect sonore, la bande-son ressemble fort à toute autre comédie romantique, il faut néanmoins noter la présence d’un titre du groupe Paramore. Le doublage français s’avère correct, mais on préférera toujours la version originale.

En résumé, Sortilège nous a semblé plus qu’un simple film pour adolescentes, le casting induit ce postulat mais la métamorphose touchante de Kyle donne à ce long-métrage une aura d’optimisme et en fait une ode à la beauté et à l’amour, principalement grâce à la performance de Vanessa Hudgens. A voir si l’on a gardé une âme d’enfant.

Trailer du film :

Piste tirée de la bande-son :

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