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Insidious – James Wan

Le réalisateur et le scénariste du premier Saw – considéré comme le meilleur de la série -, s’associent à nouveau pour remplir d’effroi les salles obscures. Au programme, un musée des atrocités déguisé en film, un hommage terrifiant aux monuments du film d’horreur. 


Le long-métrage semble commencer comme un énième Paranormal Activity ou autre film de maisons hantées. Une famille s’installe dans une maison de banlieue, rien de bien étonnant au premier abord. Puis après quelques minutes de bobine, l’inquiétude s’installe, Insidious ne prend pas son temps, tant mieux. Les objets disparaissent tout seul, et surtout l’intrigant grenier fait figure d’antre du mal. Une ambiance sombre, pesante, qui colle à la peau très rapidement et immerge le spectateur dans la poisse ténébreuse du film.

Un des trois enfants de la famille, un petit garçon joué par Ty Simpkins, ne tarde pas à s’aventurer dans le grenier, interdit par sa mère qui s’y est fait une frayeur. Forcément il tombe d’une échelle en essayant d’allumer la lumière, mais ce n’est pas ça qui le fait hurler, la caméra ne fait que le suggérer habilement, mais le garçon y aurait vu quelque chose. Dès lors le malaise s’installe vraiment, on pense s’attaquer à la chair du film, on attend de voir qui est-ce qui hante cette maison, quelles scènes d’horreur renferment le film, en quoi peut-il bien se différencier des récents Paranormal Activity ? Et bien raté, Insidious joue avec brio avec nos nerfs, comme le premier Saw en son temps.

La narration prend donc le temps de révéler son coeur afin de brouiller les frontières du genre, jouant avec les codes du cinéma d’horreur comme sait si bien le faire Wes Craven avec la série Scream. Mais là où celui-ci innove, James Wan a une autre approche avec Insidious. Le film se veut être une sorte d’autel terrifiant dédié aux années 80, avec ses fantômes grimaçants, son diable trop rouge pour être honnête, ses silhouettes derrière les rideaux ou encore ses crissements de violons savamment distillés dans certaines scènes pour parfaire l’horreur à la manière d’un Hitchcock. James Wan prend néanmoins un malin plaisir à casser une des règles du film de maison hantée, ici la famille prend très vite conscience qu’il vaut mieux partir -ce qui amène à révéler la vraie nature du danger- , là où la plupart du temps les occupants restent paralysés de peur ou à essayer de combattre la maison. Mais cet hommage sur le fond évite bien heureusement cet écueil au niveau de la réalisation. Et c’est ce qui fait toute la saveur du film, ce mélange entre une inspiration nostalgique, une peur jouant sur les éléments les plus universels car faisant partie de l’inconscient collectif, et une réalisation tout ce qu’il y a de plus moderne.

L’ambiance d’Insidious est très forte, là  où la plupart des films d’horreur des cinq dernières années peuvent effrayer sur le coup mais ne jamais s’insérer dans l’esprit du public, Insidious lui opère autrement ; il reste dans la tête, comme son nom l’indique il prend ses quartiers chez vous, distillant petit à petit sa dose de de terreur glacée. A la manière d’un Dark Water, le long-métrage colle à la peau avant de submerger l’inconscient. On en sort en se disant : « Pourquoi pas ? ». Oui pourquoi la possession n’existerait pas ? Le voyage astral -vrai coeur du film- semble bien être un phénomène reconnu. Se reposant sur cette base d’une certaine véracité, Insidious parvient à jouer avec nos peurs. Peur du noir, peur de la solitude, peur de l’invisible, de l’inconnu. A la manière d’un Silent Hill, il frappe là où ça fait mal, là où l’on ne peut se défendre car on en ignore bien souvent jusqu’à l’existence, il touche à l’inconscient. Les « monstres » utilisés le prouvent bien, cadavres pâlots en guise de spectre, diable écarlate  fourchu et cornu au yeux de vipère, Insidious n’invente rien, mais forme un tout d’un ensemble extrêmement cohérent.

En lisant les critiques ici et là, il semble se détacher une coupure du film en deux parties, avec une seconde partie soi-disant plus lente et grandiloquesque, nous n’avons pas eu ce sentiment. Principalement grâce à la réalisation homogène qui de bout en en bout tient le film dans une vision sobre, épurée, et montrant l’horreur de façon crue, à la façon d’un documentaire. Le travail de photographie est exemplaire, là où le cinéma d’horreur se distingue rarement par sa réalisation. Les cadrages sont simples mais toujours efficaces, pas d’effets à outrance, pas de superflu, la caméra ne montre que ce qu’il faut, et bien souvent on a peur de ce qu’elle nous cache davantage que de ce qu’elle laisse voir. L’atmosphère générale est sombre, ce qui nous l’a fait rapprocher de celle de Dark Water, encore une fois, les gros plans sur les visages sont tout en clair-obscur bien maîtrisés. De même, la musique s’avère discrète la plupart du temps, distillant des pulsations de basses caverneuses portant le tissu sonore horrifique, mais à plusieurs reprises elle sait surprendre en lâchant des cris de violons stridents dans le plus pur style du cinéma d’horreur « d’antan ».

Le jeu des acteurs reste dans la lignée du film, sauf malheureusement avec un passage un peu Ghostbusters assez regrettable, mais qui a le mérite de donner un arrière-goût amer à l’horreur du film à la manière de Wes Craven et de sa façon d’utiliser l’humour dans Scream. On retrouve avec plaisir Rose Byrne, qui faisait figure de bonne surprise dans 28 Semaines plus tard, son jeu tout en subtilité touchante sait donner de la profondeur et de la crédibilité à l’horreur des situations.

En bref, Insidious fait office d’OVNI effrayant, prenant à contre-courant la tendance actuelle aux films « choc » comme Paranormal Activity ou .REC, James Wan a su le démarquer en en faisant un véritable train fantôme à a réalisation léchée.

Trailer du film :

Piste tirée de la bande-son :

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