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Critique Blood : The Last Vampire – Chris Nahon

Chose rare dans nos contrées occidentales qu’un long-métrage tiré d’un manga, c’est ce qu’est Blood. Cette histoire de démons et de vampires, où ne pointe aucune tête d’affiche au casting, plaira surtout aux amateurs de culture japonaise.


Le pitch du film s’inscrit bien dans la lignée des mangas dits « shojen » ; l’héroïne, Saya, est une chasseuse de démons qui s’avère être également une vampire. Elle coopère avec « Le Conseil »,une organisation qui traque les démons. Saya les tue pour eux, en échange ils lui fournissent du sang. Son père fut tué il y a longtemps (la chasseuse de démons est âgée de plusieurs centaines d’années) par le plus puissant et le plus ancien des démons : Onigen. Depuis elle s’est juré de le traquer sans relâche. Entraînée par son grand-père, Kato, à la mort de son père, elle commenca sa longue traque. Et au début du film, sa némésis est repérée près d’une base aérienne de l’Air Force au Vietnâm. Le long-métrage s’avère fidèle à la trame narrative du manga, mais de cette façon on assiste à une suite de scènes clés, reprenant tous les moments importants du matériau d’origine, mais sans aucune coupure. De ce fait, on assiste plutôt à une caricature du scénario de base plutôt qu’à une souple esquisse. A cause de cela, les relations entre les personnages et les personnages eux-mêmes s’avèrent être peu développés. Seule Saya et Kato sont des personnages crédibles.

Heureusement, l’intérêt du film repose ailleurs. Adapaté d’un manga, il semble en viser la même cible, ainsi c’est un spectacle visuel grandiose qu’on assiste. Les ambiances japonisantes sont rendues à merveille grâce à un mélange de décors en images de synthèse et de filtres de caméras ingénieux. Les différents environnements du film s’avère être presque tous un régal pour les yeux : quartier de nuit mal famé au Vietnâm, camaïeu de rouge et d’orange sous la pluie. La fin du film propose également des plans admirables, de même que les rappels de la jeunesse de Saya dans les montagnes japonaises. Forêts de bambou verdoyantes, feuilles mortes qui s’envolent, tous les codes de l’esthétique japonaise sont utilisés afin d’obtenir une ambiance visuelle marquée qui plaira à coup sûr aux amateurs de manga.Le genre du film s’en ressent lui aussi, dans la même lignée que les mangas, on assistera à une suite de combats teintée des souvenirs de jeunesse de Saya.

Ces combats, très dynamiques et visuels, viennent encore apporter à la puissance graphique du long-métrage. Malheureusement on relève quelques faiblesses dans ces phases, principalement à cause de l’accompagnement sonore. La musique est hésitante et inconstante durant un même affrontement. Ces variations gâchent un peu le plaisir dans des scènes où il faut proposer des musiques entraînantes, ou au moins donner une ambiance sonore cohérente.  Néanmoins, toutes les scènes d’action ne sont pas concercnées et le plaisir d’assister au ballet meurtrier de la chasseuse de démons est au rendez-vous. Les ennemis se comptent par dizaines et le sang coule à flots. Les affrontement sont aussi très soumis à l’esthéthique manga : coups en accélérés, angles de caméras endiablés, traînées de sang picturales ; les amateurs ne seront pas deçus.

Prenant par moment la base aérienne de l’oncle Sam pour cadre, le réalisateur a opéré un mélange des genres bienvenu, au style graphique japonais viennent se greffer des éléments cinématographiques purement américains. Ainsi au début du film se font entendre des airs bien rock’n roll et on assiste à des scènes dans un lycée qui, habilement intégrées, ne dénotent absolument pas avec le reste. Et durant tout le film on suivra également un personnage de film américain par excellence : Alice, la fille du général de la base. Celui-ci sera tué par les hommes du Conseil, Saya la prend donc sous son aile. Bien que ce personnage de minette américaine prenne de temps en temps des airs de potiche, appels au secours et fuites désespérées à l’appui, elle se révèle être un heureux atout et sert à maintenir l’intérêt ; Saya devant sans cesse la protéger, on trouve ainsi une heureuse finalité dans les combats –qui sont souvent peu justifiés dans les mangas.

Le dénouement du film propose des surprises agréables, tant en termes de scénario que d’ambiance. L’affrontement contre Onigen dispose d’un souffle épique, principalement donné par la beauté visuelle de la scène. Le démon, qui a pris les traits d’une femme, est une pièce d’esthétique à lui seul. Le kimono se déploie dans les airs, tel les ailes diaphanes d’un ange. La fin se déroule dans le village abandonné de la jeunesse de Saya, qui est un est un village japonais perdu dans les montagnes. On a donc encore droit à de très belles images, les couleurs de la forêt environnantes se mêlent à celles du village abandonnée, Onigen se dresse tel un soleil aux milieux de ces décors, dans son kimono nacré. La scène de fin dispose de plus de deux ambiances, on passera de la sobriété naturelle du début à un embrasement infernal venant annoncer la clôture de la traque de Saya. Et toujours on admirera l’éclat graphique de la scène.

Pour finir, parlons brièvement du jeu des acteurs, la plupart s’avère plutôt effacées mis à part Saya, Alice, Kato et Onigen. Giana Jun incarne la traqueuse de démons, elle arrive bien à faire ressortir l’indifférence du personnage pour les êtres humains « normaux », et sa froideur montre qu’elle vit dans le meurtre. Alice est jouée par Allison Miller, qui livre une prestation honorable.

« Blood » est donc une bonne adaptation, au scénario pas très fouillé certes mais qui retranscrit parfaitement l’ambiance visuelle et le dynanisme d’action des mangas. L’histoire de Saya et d’Alice est assez prenante pour que l’attention – et la tension – ne baissent pas pendant l’aventure. Néanmoins, ce film reste reservé en priorité aux aficionados de mangas et jeux vidéos, les autres ne seront peut-être pas aussi sensibles à l’esthétique du film, la facette la plus réussie du film, et pour ainsi dire, la seule réellement digne d’intérêt.

Trailer du film :

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