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Critique Le Discours d’un Roi – Tom Hooper

Tom Hooper signe seulement son troisième long-métrage qui que son œuvre est déjà une des plus grandes révélations de l’année. Nominé dans de nombreuses catégories aux Oscars, dont celui du meilleur premier rôle masculin pour Colin Firth, ce film qui retrace le combat du roi Georges VI contre ses difficultés d’élocution est un bijou du septième art.

Angleterre, 1926, Georges V approche de la mort tandis que son héritier, le prince David, semble ne pas pouvoir assurer la relève correctement. Ce jeune Dom Juan britannique vit d’histoires d’amour tumultueuses avec des femmes mariées. Mais le deuxième fils du roi à l’agonie souffre de problèmes d’élocutions. Avec l’apparition de la radio, la voix du roi est plus que jamais un vecteur important de l’autorité. Le film trace donc le combat du prince Albert contre son bégaiement, aidé par l’orthophoniste Lionel Logue.

Le synopsis du long-métrage de Tom Hooper semble à première vue quelque peu ennuyeux, un film historique comme il en existe des centaines d’autres. Mais ce qui démarque très vite cette réalisation, c’est l’humour omniprésent. Le docteur Lionel Logue, qui deviendra petit à petit le premier ami du prince, déploie des trésors d’imagination pour briser l’inhibition psychologique du futur roi. Plus qu’une guérison de son bégaiement, c’est une véritable quête existentialiste qu’entreprend l’orthophoniste ; une psychanalyse d’un prince toujours dans l’ombre de son aîné, subissant la colère de son père et les moqueries de son frère à cause de son handicap d’élocution.

Ce couple masculin porte le film tout du long, qui retrace l’histoire d’une amitié salvatrice pour le prince. L’homme, qui s’était déjà fait emmuré dans la conviction de son incurabilité, ne vit que dans le cercle de sa famille, accompagné par sa femme qu’incarne une Helena Bonham Carter toujours aussi juste. Les deux acteurs qui forment ce duo ne sont pas en reste, Colin Firth est tour à tour pathétique et comique, dans ce rôle complexe d’un bègue à l’autorité royale toujours mise à bas par son handicap indéfectible. Geoffrey Rush, l’orthophoniste, campe quant à lui un pseudo-docteur à l’imagination débordante, qui n’a de cesse de pousser le prince dans ses retranchements afin de le guérir. Il l’accompagnera sans cesse, jusque dans les moindres discours radiodiffusés qu’il clamera ensuite une fois roi.

Car le film se déroule sur fond de bouleversement des forces en Europe, la montée du nazisme se fait sentir, si bien que la fin présente le discours du roi annonçant l’état de guerre contre l’Allemagne à tout le pays. Néanmoins l’humour du film, omniprésent, permet de ne pas le rendre tragique même en ces moments. Le réalisateur a su concentrer la narration pour la rendre plus forte, ainsi même en temps de guerre c’est encore pour le destin du roi que l’on se captive le plus. C’est ainsi qu’il se permet même de rire d’Hitler, lorsque le prince Albert, voyant celui-ci haranguer ses troupes à la télévision, commente la situation en trouvant qu’au moins celui-ci « sait parler ».  Les exercices du docteur Logue ne manquent également pas de comique.

Pour ne rien gâcher, le montage rondement mené est appuyé par une photographie léchée et une bande-son symphonique qui donne du souffle au long-métrage. Les cadrages sont  extrêmement dynamiques, reléguant parfois le visage des acteurs dans un coin de l’image, tandis que les points de vue alternent avec justesse grande ouverture pour les plans sur les visages et très grands-angles dans la même scène. Cette composition visuelle dynamique et efficace est appuyée par la bande originale d’Alexandre Desplat – déjà compositeur de celle du récent Ghost Writer -, ces partitions symphoniques donnent de la noblesse au long-métrage tandis que le mixage du son est en parfait adéquation avec l’image. La direction artistique n’est pas en reste, que ce soit pour illustrer la richesse flamboyante des palaces de la famille royale ou le cabinet aux murs miteux du docteur Logue. Londres est présentée sous une robe à plusieurs visages, toujours brumeuse, elle cède souvent le pas à des intérieurs savamment décorés et d’autant plus mis en valeur par les judicieux choix de cadrage.

La progression de la narration s’avère bien menée, et le combat du prince n’apparaît jamais comme gagné d’avance, seule la fin du film donne au destin du bègue le fin mot de l’histoire. Un film émouvant et comique à la fois, porté par des acteurs haut en couleurs et une bande-son inspirée, Le Discours d’un Roi est un surprenant long-métrage quand on sait que son réalisateur n’en est qu’à son troisième. Les points forts sont si nombreux qu’on ne sait plus quels avantages trouver au film, enfin il suffit de le considérer comme un œuvre étonnamment aboutie au vue de la courte expérience de Tom Hooper.

 

Trailer du film :

Piste tirée de la bande-son :

 

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