Blog de tests, principalement jeux vidéos et cinéma, ainsi qu'une partie photo.

Test de Vanquish – Xbox 360

Sorti en Octobre 2010, Vanquish est réalisé par Platinum Games et produit par Sega. Le studio Platinum Games, formé d’anciens de Capcom, nous avait déjà fourni la claque de l’année sous la forme d’un beat’em all survolté : Bayonetta, digne pendant féminin du Dante de Devil May Cry. Vanquish lui joue plutôt dans la cour des jeux d’actions à la troisième personne, le jeu se présente comme un « Gears of War-like ». Alors, les développeurs ont-ils autant réussi leur coup qu’avec Bayonetta dans ce genre bien plus concurrentiel ?

Le jeu vous met dans la peau d’un agent du DARPA, organisme américain chargé de développer des armes évoluées, endossant un prototype d’armure exosquelette faisant d’un simple fantassin une machine à déchiqueter les forces ennemies. Cette innovation tombe à pic pour repousser les méchants russes qui veulent utiliser le rayon énergétique à l’origine inoffensif d’une colonie spatiale américaine pour détruire New York. Et oui, Sega n’a rien de trouver de mieux à faire que de nous resservir une Guerre Froide réchauffée pour un jeu futuriste. Ne vous attendez pas à un scénario lynchéen donc, on est plus  dans le primitivisme de Romero. Mais, tout comme pour Bayonetta et son script (ou sa copie-double griffonnée, au choix) de manga édulcoré, l’intérêt du jeu repose ailleurs. En effet, tout comme pour leur précédent et très réussi jeu, le duo Platinum Games/Sega a misé sur une frénésie d’action au rythme emporté pour faire sortir Vanquish du grand lot des jeux d’actions. Les moments de calme sont rares et l’index s’échauffe vite au contact de la gâchette de tir. Autant dire que les développeurs n’y sont pas allé de main-morte, les combats s’enchaînent  à une cadence forcenée et chaque affrontement est l’occasion d’assister à une pluie de coups, balles et autres explosions. Néanmoins, aussi endiablé que le jeu se veut, le genre amène forcément moins de dynamisme qu’un Bayonetta, reine du beat’em all. Car Sam a la possibilité, et il vaut d’ailleurs mieux pour lui, de se mettre à couvert derrière le moindre pan de mur (on vous avait bien dit « Gears of War-like »), instaurant une sorte de contre-point dans la marche forcée qu’instaure le déluge d’affrontements.

Pour affronter les hordes machiavéliques de droïdes russes, Sam dispose d’un arsenal somme toute assez réduit mais où chaque arme semble particulièrement étudiée et justifiée. Le fusil de base est une espèce de machine à cracher les balles d’une précision diabolique, que le joueur devra vite s’échiner à améliorer au maximum de son potentiel, ensuite l’on trouve des armes aux noms bien connus mais disposant toutes d’un bon feeling : fusil à pompe, fusil de sniper, lance-roquettes ; puis d’autres plus exotiques comme ce lance-disques à la Dead Space, ou un pistolet BEF giclant une très lente mais destructrice boule d’énergie. Tous ces engins de mort disposent d’une marge d’amélioration, qu’on remplira en trouvant ici et là des power-up ou alors par le biais d’un astucieux système qui fait que votre arme accumule des grades lorsque vous prenez des munitions alors que vous êtes déjà au maximum de sa contenance, au bout de trois grades, une étoile d’amélioration est acquise, comme lorsqu’on tombe sur un power-up. Ses délicats outils se voient donc adjoindre des chargeurs plus grands, une augmentation de dégâts ou encore de précision. Et ces avancées de l’arsenal ne sont pas de trop pour faire face à la continuelle montée en puissance des adversaires mis sur votre chemin. L’on retrouve très souvent les adversaires de base, des droïdes à l’armure rouge (communisme, faucille, méchant, tout ça quoi), mais ceux si pointent de plus en plus souvent des armes évoluées au fil de l’avancée du jeu. Les autres ennemis ne sont pas très nombreux mais se trouvent sous de multiples déclinaisons, comme ces robots Romanov dont on croise au moins 5 versions différentes ; plus dangereux et plus résistants, ils sont savamment placés pour donner du fil à retordre lors des nombreux passages où on les trouve. L’on trouve aussi des « officiers » droïde à l’armure dorée, plus résistant, des versions équipées de jet-packs, ou encore, dans un court passage, des sortes de méduses cybernétique abritant des dizaines d’araignées robotiques qui se déversent sur vous à la mort de leur mère-porteuse. Charmant.

Mais les rois du bestiaire, les princes de l’opposant, les empereurs des fieffés coquins, s’incarnent en la personne des boss, et Platinum Games n’échappe pas à sa tradition, héritée de Capcom ; c’est-à-dire que les boss sont souvent très grands, et leur agonie très longue, et quand ils ne sont pas gigantesques mais à votre taille, c’est qu’ils sont encore plus dangereux. Vanquish est ainsi truffé de combats de boss (on en trouve un dès les premiers chapitres) qui donnent immanquablement une poussée d’adrénaline. Les torrents de missile et les QTE épuisantes sont bien au rendez-vous, et chaque victoire se savoure comme l’achèvement d’un travail herculéen.

Vous l’aurez compris, le rythme est au rendez-vous, une notion qui a le vent en poupe la toute récent sortie de Bulletstorm, jeu au nom explicite et au rythme hérité des Painkiller et autres Serious Sam. Le pari est réussi, porté par une maniabilité assez convaincante, la visée est intuitive et précise à la fois, le corps-à-corps est permis et plutôt ravageur, permettant souvent de se sortir d’une mauvaise passe. On retrouve aussi un bon vieux bullet time des familles, se déclenchant automatiquement lorsque le joueur se trouve près de la mort, afin d’éliminer les ennemis les plus agressifs ou tout simplement se planquer à couvert, ou utilisable manuellement avec une combinaison de touches. Et puis, la grande innovation de gameplay, il faut bien la nommer, c’est cette fameuse glissade. Notre Sam fuse à toute vitesse au ras du sol, continuant à décrocher les têtes de droïde avec autant d’aisance, un mouvement bien utile qui permet d’esquiver rapidement une salve de missiles ou autres rayons lasers, ou encore tout simplement de se déplacer plus rapidement afin d’atteindre fissa le prochain théâtre d’étripage. Ce mouvement se retrouve d’ailleurs lui aussi dans Bulletstorm, on n’arrête pas le progrès.

Malheureusement le jeu lui s’arrête, et assez vite à vrai dire, comptez 6-7 heures pour en voir le bout, en mode Relax en tout cas. Dès le mode Normal, la difficulté à la Platinum Games se fait sentir et il faudra déjà bien plus s’accrocher. Une bonne façon d’étendre la durée de vie tout en étant davantage fier d’en avoir vu le bout. Une fin qui réserve quelques trouvailles scénaristiques sensationnelles rarissimes, qu’on à encore peine à trouver ailleurs, comme des trahisons imprévisibles et renversantes ! Mais chut, on vous laisse découvrir.

Vanquish, assez à contre-courant pour le coup, ne dispose d’aucun mode multijoueur qui aurait été en mesure d’allonger un peu plus la durée de vie. Le seul aspect « connecté » repose dans le scoring, vous pouvez ainsi comparer (ou pas si vous avez envie de garder un minimum de confiance en vous) vos scores avec ceux des meilleurs tabasseurs de pads japonais, car à n’en pas douter ce sont eux qui trustent le haut des podiums virtuels. Mais pour le coup, ceux qui se prendront au jeu verront la durée de vie passer de « bof » à « infinie », ou presque. Quant à l’aspect plastique (si tant est qu’on puisse parler d’une quelconque texture pour un conglomérat de pixels) du jeu, il est plutôt bien réussi, même si nous ne le mettrions pas au même niveau que Bayonetta (ça devient obsessionnel, je sais). Le futur se présente en teintes grisâtres et en effets de lumière next-gen. Mais le tout sent un peu le rabâché de manga SF bas-de-gamme. Gratte-ciels cyclopéens, monorail industriel et tunnels cyberpunks se suivent et se ressemblent tous. Enfin presque, quelques séquences sortent heureusement du lot, comme cette infiltration de nuit aux teintes moins banales, ou le combat contre la plate-forme de tir, qui jouit d’une profondeur de champ flatteuse. Mais enfin, il faut faire avec un background peu inspiré, aux environnements manquant cruellement d’imagination. En revanche, les animations sont extrêmement fluides, Sam se contorsionne et frappe comme un boa tout de métal, un véritable ballet meurtrier, les modèles sont truffés de détails et les textures s’avèrent de bonne facture, le tout étant desservi par des effets de lumière flashy mais classes.

Le travail sonore n’est pas remarquable, les bruitages sont tout ce qu’il y a de plus classiques, des tirs aux explosions en passant par les matraquages des frères de R2D2. La musique, sans être transcendante en soi, a le mérite de plonger le joueur dans une transe meurtrière, nourri qu’il est par le rythme effréné d’une techno aux accents futuristes, sorte de remix trashcore de la BO de Mass Effect. Le tout, c’est-à-dire le côté technique pas mémorable et le scénario…-passons-, est sauvé par une bonne dose d’humour, le jeu ne se prend pas au sérieux et c’est tant mieux. C’est ainsi qu’on croise un groupe d’ennemis, non pas occupés à défourailler sur les alliés de leurs pétoires hi-tech –comme de mesure-, mais à trémousser leurs membres de carbone au rythme d’une techno-jazz-robot. On sourit trois secondes, puis on dégoupille  une grenade, mais c’est le genre de scène qu’on a plaisir à voir dans le jeu vidéo, qui pour combler le préjugé d’immaturité qu’on porte sur lui arbore bien trop souvent une overdose de sérieux au premier degré, du moins dans notre triste époque vidéoludique. Enfin, Vanquish s’avère être un jeu d’action efficace, qui vous occupera une dizaine d’heures pour peu que vous ayez le cran de le faire directement en mode Normal (qui n’a de normal que le nom, oubliez vos repères Call-of-Dutyens). Un jeu à emprunter à un ami, ou à acheter d’occasion, avant de le vider de son potentiel de divertissement limité et qu’il ne rejoigne la cohorte de jeux quasi-anonymes pour lesquels on peut dire « Ah oui, je l’ai fini, je m’en rappelle il était pas mal ! ».

Trailer du jeu :

Piste tirée de la bande-son :

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s